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 — but i'm still alone in my mind (w/cami)

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♛ la pleurnicharde alcoolique

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MessageSujet: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Sam 14 Juil - 3:51

Tu regardes autour de toi. Tu fixes ce vide qui se dessine sous tes yeux. Enfin, tu fixes, sans pour autant voir ce qui se trouve dans cette petite pièce. Peut-être parce que tu la connais trop bien. Rien qui ne bouge, jamais. À se demander si tu habites vraiment là. Ou peut-être est-ce plutôt parce que tu es complètement perdue dans tes pensées. Celles qui déboulent dans ta boite crânienne, qui se cognent, qui te frappent. Trop de choses auxquelles tu penses. Trop de choses qui te prennent à la gorge. Toi, qui ne t’autorises pas à penser à tout cela habituellement. Toi qui préfère de loin taire tout cela habituellement, toi qui t’occupe l’esprit, comme tu peux, tout le temps. Pour t’éviter de te perdre justement. Puis ton cœur se pince, le flot de larmes qui menacent de couler le long de tes joues, et c’est à ce moment-là que tu réalises que tu es entrain de te perdre un peu trop loin. Dans une zone dans laquelle tu refuses d’aller. Alors tu reviens à toi, tu prends une grande inspiration. Tes mains que tu passes dans ton visage, avant de te relever, avant d’agripper ton cellulaire. Tu fais quelque chose ce soir ? Message que tu envoies aussitôt, sans même y réfléchir deux fois. Ton amie, que tu sais de retour en ville, plus que le temps d’un week-end cette fois. L’été, qu’elle est supposée passer à Mill Valley, bien qu’à quelque part, tu te doutes bien qu’elle aurait probablement préféré être ailleurs. Toi aussi, en fait. Mais faute de pas vraiment avoir autre part où aller, tu restes là, tu continues à te torturer. J’ai envie de sortir, de bouger un peu. Deuxième message que tu envoies, qui vient rejoindre le premier dans la case non lu. Invitation lancée, sans même trop savoir ce que tu as en tête. En fait, tant que tu sors un peu de chez toi, tant que tu t’occupes l’esprit, ce sera déjà bien. Enfin, c’est clair qu’il y a toujours l’idée de sortir en boite qui traine dans un coin de ta tête. Mais tu sais bien que c’est moins le genre de ton amie. Idée que tu gardes pourtant à cet instant dans le coin de ta tête, dans l’optique où la réponse de Cami serait négative. Réponse qui ne se fait d’ailleurs pas trop tarder. Sourire qui s’accroche sur tes lèvres quand tu vois qu’elle est positive. La jeune femme qui ne devrait pas trop tarder. Tu prends malgré tout le temps de te changer, d’aborder une tenue peut-être un peu plus convenable que cette paire de pantalon de jogging et ce t-shirt beaucoup trop grand. Puis tu entends la sonnette de l’entrée, tu dévales les escaliers. « Cami ! » Le sourire sur tes lèvres, parce que clairement, tu es contente de la voir. L’impression que ça fait une éternité, alors que ça ne doit faire quelques semaines, peut-être deux mois, tout au plus. « Ça fait longtemps que t’es revenue ? » Que tu lui demandes, faute de lui demander comment elle va. Parce qu’à quelque part tu connais la réponse, et clairement ça vous évite le mélodrame à toutes les deux. Presque certaine qu’elle sera d’accord avec ça d’ailleurs. « Alors, t’as envie de faire quoi ? » Toi qui avait envie de sortir, elle qui avait le choix. Probablement peu logique, mais au final, toi, tant que tu étais loin de là, et pas seule, tout irait bien.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Lun 16 Juil - 12:54


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jour quatre. ça devient l'enfer d'essayer d'se cacher. surtout qu't'as déjà croisé beaucoup trop d'monde depuis qu't'es rentrée. comme si t'avais même pas l'temps d'te poser et d'prendre du temps pour toi, pour trouver l'moyen d'respirer plus calmement. vague d'angoisse qui s'est emparée d'ton corps et ton âme à la s'conde même où t'as passé l'panneau d'entrée d'la ville. comme si revenir t'mettais encore plus en danger. c'est con putain, t'es encore qu'une enfant avec des rêves pleins la caboche. et y a tout qui peut être détruit pour une simple erreur pour laquelle t'es pas responsable. si c'n'est qu't'as pas bougé l'petit doigt. t'as pas appeler les flics, ni même les secours. t'as même pas demandé à aksel d's'arrêter pour t'assurer qu'le type s'en sortirait malgré l'accident. t'as juste préféré occulter cette épisode d'ta mémoire. comme si c'était rien, comme si ça n'importait qu'peu. putain, un mec a failli crever à cause d'vous et toi, t'prends la fuite au lieu d'assumer tes responsabilités. t'prends la fuite comme si t'avais pas été là, comme si c'n'était q'un fait divers d'plus, presque anodin, banal. y a tout qui t'revient en pleine gueule depuis qu't'as quitté los angeles pour les vacances. et ça t'fait mal au coeur à chaque fois qu't'oses t'attarder là-dessus. ton téléphone portable qui vibre sur ta table de chevet. princesse allongée sur son lit à fixer l'plafond, comme si ça allait faire passer l'temps. tu fais quelque chose ce soir ? voilà exactement l'genre de message qu'tu voulais éviter. et pourtant, l'nom d'lukas étire tes lippes en un sourire qu'tu n'pensais pas être capable d'afficher. j’ai envie de sortir, de bouger un peu. t'hésites pas longtemps. parce qu'au fond, même si t'as c'besoin d'être au calme et seule, tu n'peux pas t'empêcher d'rappliquer dès qu'on t'appelle. et puis, avec lukas, t'sais qu'y a plus de choses en commun qu'vous n'en n'aviez à l'époque. alors tu n'peux pas l'ignorer, t'peux pas faire semblant. poupée bien trop transparente pour qu'ça paraisse normal ou naturel. tu réponds en lui disant qu'tu t'mets en chemin, qu'ce sera pas long. coup d’œil dans l'miroir, jean slim, top simple et converses. ça ira très bien. et puis, t'attrapes ton perfecto et tu grimpes dans ta bagnole. quelques coups d'volants plus tard, t'voilà rendue chez la brune, sonnette qu'tu presses sous tes doigts manucurés. il n'faudra pas longtemps avant qu'son visage n'apparaisse d'vant tes yeux noisettes. cami ! son enthousiasme t'arrache un grand sourire alors qu'tu penches la tête légèrement sur l'côté. ça fait longtemps que t’es revenue ? tes lippes qui s'pincent. princesse pas forcément fière d'être rentrée en douce, sans prévenir tes potes. quatre jours à peine. qu'tu réponds, légèrement grimaçante. ouais, p'tre que t'aurais dû annoncer qu'tu squattais mill valley pendant les vacances, qu'c'était l'moment de s'retrouver. mais t'en as pas eu la force pour être honnête. t'pensais que si tu pouvais passer inaperçue, ce s'rait plus simple. pour ça, il aurait fallut qu'tu n'croises pas aksel l'premier soir et encore moins darrel l'second. l'retour d'la fille prodige des west, ça n'peut pas être un événement passé sous silence. si ça s'trouve, tes vieux ont fait un communiqué et t'es même pas au courant. ce s'rait bien leur genre en tous cas. alors, t’as envie de faire quoi ? logique discutable de ces retrouvailles. elle qui t'contacte, toi qui est en charge d'l'activité du jour. tétais pas des masses préparée à ça alors t'hausses les épaules, pas d'une grande utilité ni aide visiblement. franchement, si ça n'tenait qu'à moi, j'partirai ... qu'tu soupires. ça n'doit pas être une si grande surprise que ça. au moins, elle a l'mérite de n'pas avoir demandé comment tu t'sens, comment tu vas. elle doit déjà connaître la réponse et p'tre bien qu'elle est dans l'même état qu'toi. j'prendrais ma caisse et j'longerais la côte. san francisco, monterey ... santa barbara p'tre bien qu'ça pourrait être sympa d's'y arrêter. ton détaché et pourtant, t'y songes sérieusement. quatre jours que t'es rentrée et tu parles déjà d't'évader, si c'pas triste ça quand même. ou alors euh ... j'ai envie d'manger un truc bien gras, bien salé. depuis l'temps que j'me prive, j'me dis qu'c'est pas un p'tit écart qui va tout foutre en l'air. tu ris. plus nerveusement qu'tu l'aurais voulu. parce que p'tre bien qu'tu n'penses pas qu'à ça, qu'tu n'parles pas que d'un écart alimentaire.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Ven 27 Juil - 14:24

Tu es contente de la voir, et pas qu’un peu. C’est palpable d’ailleurs, et ton sourire en témoigne. Mince sourire pourtant, pas celui qu’on te connaissait autrefois. Mais c’est probablement mieux que rien. Sourire qui devient contagieux d’ailleurs, qui se glisse à son tour sur ses lèvres. Et ça te fait du bien ça aussi, qu’elle soit là, oui, et peut-être bien dans un état pas trop moche. Bien que clairement, tu ne doutes pas vraiment qu’elle ne doit pas être au top de sa forme à l’heure actuelle. Comme tu es loin de l’être, toi aussi. Ces problèmes que tu mets cependant de côté toi. Déjà parce que c’est plus simple pour toi. Mais aussi, parce que tu as bel et bien l’impression que c’est ce qu’elle préfère elle-aussi. Le sujet de l’activité de la journée, que tu lances donc, n’ayant pas vraiment d’idée précise en tête pour l’instant, te remettant au bon vouloir de la jeune femme. « Franchement, si ça n'tenait qu'à moi, j'partirai... » Tes lèvres qui se pincent, à l’entente de ces mots. Parce que clairement, ça t’attriste un peu de savoir que sitôt elle est revenue, sitôt elle repense à partir. Tu ne peux lui en vouloir cependant. Peut-être bien que toi aussi, si on t’avait offert cette possibilité, tu l’aurais saisi. Peut-être bien que c’est ce que tu finirais par faire d’ailleurs. « J'prendrais ma caisse et j'longerais la côte. San Francisco, Monterey... Santa Barbara p'tre bien qu'ça pourrait être sympa d's'y arrêter. » Sourire qui finit par déformer à nouveau tes lèvres. Parce que clairement, tu n’as pas du tout de mal à t’imaginer le chemin qu’elle dessine. Celui que tu as d’ailleurs emprunté, avant d’arriver à Mill Valley il y a de cela six ans. Et tu te souviens d’ailleurs que ce voyage t’avait fait du bien. T’avais vidé un peu la tête, après tout ce que tu avais vécu. Et ça t’avait aussi aidé à te préparer au déménagement que tu allais vivre, à l’époque. « Ou alors euh... j'ai envie d'manger un truc bien gras, bien salé. Depuis l'temps que j'me prive, j'me dis qu'c'est pas un p'tit écart qui va tout foutre en l'air. » Petit rire nerveux, qui franchit la barrière de ses lippes. Ce qui te laisse t’imaginer qu’elle ne parle peut-être pas seulement de cet écart alimentaire. Pourtant, tu ne relèves pas le deuxième sens de sa phrase, pas tout haut tout de moins. Encore une fois, parce que tu crois que c’est mieux ainsi. « Je t’avoue que j’ai des envies bien moins précises que les tiennes. » Que tu lui dis, en riant légèrement. Ton sac et tes clés, que tu prends, avant de glisser ton téléphone dans ta poche arrière. Porte de ton appartement que tu franchis, avant de verrouiller derrière toi. La direction de la sortie, que tu empruntes alors, l’invitant à te suivre. Parce que dans tous les cas, ce n’est pas ici que ça va se passer. « J’voulais juste sortir d’ici. Et te voir aussi. » Éviter d’être seule, à broyer du noir. T’occuper l’esprit. Et oui, clairement voir ton amie, que tu n’avais pas vu depuis de longues semaines. Celle qui t’avait manqué, et pas qu’un peu d’ailleurs. « Mais clairement, on peut se faire cette bouffe bien grasse. Ça fait combien de temps que t’en as pas mangé ? J’paris que t’as oublié à quel point c’est bon. » Le sujet de l’accident, complètement éviter. De manière délibérée d’ailleurs, sans même t’en cacher. Le quotidien qui continue de filer, les petites choses de la vie qui continuent d’arriver. C’est sûr ça que tu te concentres. Et dans le cas de Cami, ce qui occupe presque tout son temps, ce sont ses entrainements. Et probablement les mille et un régimes qu’elle doit suivre pour rester au top. Puis rendue à l’extérieur, la première chose que tu remarques, c’est sa voiture. Ta gorge qui se noue d’ailleurs à cet instant, l’inconfort palpable que tu ressens à chaque fois que tu entres dans l’une d’elle, depuis l’accident. Pourtant, tu te glisses sur le siège passager sans broncher. Avant d’ouvrir la fenêtre. « Sinon… pourquoi t’es revenue… ? Enfin, ma question peut paraitre un peu débile et peut-être déplacé aussi, mais si t’as envie de repartir… Y’a rien qui t’en empêche, non ? » Que tu lances, alors que le monteur se met à gronder. Question, parce que tu es curieuse oui, mais aussi parce que tu cherches à t’occuper l’esprit, le temps du trajet.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Mer 1 Aoû - 14:22


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hésitation quasi-inexistante. t'aurais presque pu courir pour la rejoindre. c'est con pourtant, vous n'avez jamais été bien proches. pas qu'tu l'aimes pas, ni même que l'inverse soit envisageable. c'est juste que t'as toujours moins accroché avec elle qu'avec les autres. p'tre bien parce qu'elle t'a envoyé bouler dès la première rencontre. t'es pourtant pas du genre rancunière, ça non, t'connais pas c'mot-là. disons juste qu'y a toujours eu une espèce de barrière invisible entre vous. un truc qui vous empêchait d'vous considérer autrement que comme de simples amies faisant parties d'la même bande de potes. bref. tu vois bien l'enthousiasme qu'elle dégage à l'idée d'passer du temps avec toi, de t'retrouver. ouais, elle t'a manqué. p'tre même un peu plus qu'd'autres mais un peu moins qu'certains. et pourtant, quand elle te d'mandes ce que t'as envie d'faire, la seule chose que tu trouves à lui répondre, c'est qu'tu voudrais mettre les voiles. probablement difficile à entendre mais pas dénué de sens. et tu finis par te rabattre sur un repas tout c'qui a de plus déconseillé dans ce régime alimentaire qu'tu suis depuis déjà bien trop longtemps. sortir des sentiers battus te ferait sans doute le plus grand bien et tu n'pouvais pas rêver meilleure partenaire qu'elle pour t'aider à transgresser l'règlement. je t’avoue que j’ai des envies bien moins précises que les tiennes. si elle savait que tu n'lances que des pistes brouillon. t'as des tonnes d'envies mais aucune d'entre elles ne te semble réalisable. y a trop d'détails que tu n'arrives pas à maîtriser. parce que toi, tu as bien du mal à lâcher prise, c'pas dans ta nature, faut qu'tout soit millimétré, comme on t'l'a appris. c'est p'tre bien ça ton problème. de persister à vouloir toujours faire c'qui est correct et pas forcément l'meilleur pour toi. elle récupère ses affaires et tu la suis jusqu'à l'extérieur. t'es p'tre pas la seule à avoir besoin d'air finalement. sauf que toi, t'as l'avantage d'pouvoir t'exiler l'temps de tes études. j’voulais juste sortir d’ici. et te voir aussi. un sourire sincère qui déforme tes lippes. ouais, tu voulais la voir aussi, pas de doute là-dessus. mais clairement, on peut se faire cette bouffe bien grasse. ça fait combien de temps que t’en as pas mangé ? j’paris que t’as oublié à quel point c’est bon. le rire qui s'échappe entre tes lèvres entrouvertes. t'as clairement raison. j'me souviens même plus du goût qu'ça a, c'est frustrant. gamine habituée des salades et autres aliments, la plupart du temps liquides, bourrés d'protéines, d'féculents et d'substances qui t'aideront à garder la ligne et la forme. vie d'athlète menée à la baguette par une mère, ancienne star des podiums et autres défilés, bien trop regardante sur ta façon d'te nourrir. ton corps qui s'glisse dans l'véhicule. t'as pas vraiment d'autre choix que d'conduire. ne serait-ce que pour éviter les tonnes de questions qui découleraient de ton refus de prendre le volant. tu n'veux pas évoquer l'accident, préférant largement l'occulter d'ta mémoire. comme si c'était plus simple, comme si ça minimisait les dégâts. et pourtant, tu sens bien la gêne envahir ton amie. ouais, tu feras gaffe. tu fais toujours attention depuis c'soir là. parce que t'as beau dire tout c'que tu veux, le souvenir reste bien ancré en toi, te torturant l'esprit à chaque fois que tu fermes les paupières. tu n'en parleras pourtant pas. parce que tu sais c'que ça vous fait d'évoquer cette histoire. parce que t'es pas du genre intrusive bien qu'tu sois parfois sans gêne. pas sur c'sujet-là. jamais. sinon … pourquoi t’es revenue … ? enfin, ma question peut paraître un peu débile et peut-être déplacée aussi, mais si t’as envie de repartir … y’a rien qui t’en empêche, non ? tu mets l'contact tout en t'raclant la gorge. ouais, elle n'a pas tord, encore une fois. tu t'mords la lippe inférieure, silencieuse alors que tu déboîtes pour mettre la voiture en route. t'sais pas trop où tu vas, mais tu y vas. l'regard rivé sur l'pare-brise, tu analyses toutes les situations possibles sur la route. tu t'en mordrais les doigts si tu n'anticipais pas l'moindre danger. le manque j'dirais ... qu'tu finis par lâcher après quelques longues minutes de silence. toi, aksel, la bande entière ... j'ai beau faire comme si y avait rien qui m'retenais mais c'pas vrai. tu n'l'as regarde pas, tu n'veux pas détourner ton attention d'la circulation. la nostalgie qui s'lit sans doute sur ton visage, l'ton beaucoup moins léger qu'à l’accoutumée. c'est juste cette ville qui m'oppresse ... elle et tout ce qu'elle me rappelle ... ouais, surtout tous les souvenirs qui s'bousculent. les plus mauvais bien souvent prédominants sur les instants d'bonheur. j'ai beau m'croire en liberté à l.a. mais au final, mes parents n'sont jamais bien loin ... que tu t'empresses d'poursuivre. alors qu'ce soit ici ou là-bas, j'me dis qu'j'ai plus de chance de pouvoir faire l'vide en étant avec ceux qui comptent vraiment. eux. c'groupe bancal qu'a explosé au moment où l'temps s'est arrêté, qu'l'autre voiture a plongé dans l'vide et qu'vous avez pris la fuite. trop d'choses se sont passées et pourtant rien n'a vraiment avancé. comme si toute cette histoire vous avait coincé dans un espace temps différent, qui r'commencerait toujours d'la même façon à la fin d'la journée.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Dim 26 Aoû - 3:35

Question plus que maladroite que tu lui as lancé. Pour savoir ce qui la retient, elle. Parce qu’il faut bien le dire, toi aussi, tu y as songé, à partir. Plus d’une fois d’ailleurs. Te disant que tu serais peut-être mieux de recommencer ailleurs, de recommencer à neuf. Une nouvelle fois. Parce qu’au final, la première fois que tu l’as fait, tu as plutôt bien tourné. Alors, peut-être bien qu’elle est là, devant toi. La solution pour aller mieux. Pour te sortir de cet enfer dans lequel t’as les deux pieds profondément ancrés. Et il te faudrait bien te sortir de là… avant qu’il ne soit trop tard pour le faire. « Le manque j'dirais... » Ton regard qui se détourne vers la blonde. Tes lèvres qui se pincent à cet instant. Toi qui l’épi à cet instant, comme si tu cherchais à comprendre ce qu’elle entendait par là. Mais en réalité, tu ne cherches qu’à t’occuper l’esprit alors que le véhicule s’est mis en marche, alors que ton cœur s’emballe. Parce qu’il ne faut pas que tu paniques, ce n’est pas le bon moment. Alors tu te concentres sur elle, sur ce qu’elle te dit. Ses paroles, que tu bois, qui sont les seules à t’attacher à terre. Autrement, tu serais complètement perdue, Lulas. « Toi, Aksel, la bande entière... J'ai beau faire comme si y avait rien qui m'retenais mais c'pas vrai. » Tu avais compris, que c’était à cela que la jeune femme faisait allusion. Et même, il faut bien le dire, tu comprenais parfaitement ce besoin. Parce que toi aussi, tu l’avais. Tu avais besoin d’eux. Toi, qui au départ t’étais juré de ne pas commettre de nouveau l’erreur, de ne plus laisser la chance à personne de te faire du mal. Et bien, eux, tu les avais laissés entrer dans ta vie. Tu les avais laissé devenir nécessaire même. Et il faut bien le dire, à présent il n’y avait plus de retour en arrière qui était possible. « C'est juste cette ville qui m'oppresse... Elle et tout ce qu'elle me rappelle... » Et encore une fois, tu ne peux que comprendre ce qu’elle te dit. Parce que c’est exactement la même chose pour toi. Y’a les gens auxquels tu tiens, puis y’a cette ville. Celle qui ne fait que tu plonger dans des souvenirs douloureux. Celle qui te rend complètement malade. Seulement, si tu dois choisir entre quitter, et ne plus revenir, et eux… et bien c’est eux que tu choisies toi aussi. Sans la moindre parcelle d’hésitation d’ailleurs. « J'ai beau m'croire en liberté à L.A. mais au final, mes parents n'sont jamais bien loin... » Et c’est bien la première phrase à laquelle tu ne peux pas relayer. Parce que clairement, tu n’es pas dans la même situation qu’elle par rapport à la famille. Bien sûr, ta mère se fait aussi du souci pour toi, mais clairement, c’est totalement différent. Parce que tu les as déjà rencontrés ses parents, et tu sais que ce n’est pas du tout la même chose. « Alors qu'ce soit ici ou là-bas, j'me dis qu'j'ai plus de chance de pouvoir faire l'vide en étant avec ceux qui comptent vraiment. » Sourire qui se glisse sur tes lèvres, à l’entente de ces mots. Parce qu’il faut bien le dire, ils te font du bien. Et même qu’à cet instant, tu arrives presque à oublier le cadre dans lequel vous vous trouvez. Presque, parce que le clignotant de la voiture qui a été préalable engagé ne s’est résulté que par un changement de cap, ce qui t’as bien vite ramené à la réalité. Une grande inspiration que tu prends, avant de te lancer. « Ouais, j’comprends. » Que tu laisses tomber, tout simplement. Sans préciser d’avantage ta pensée. Ton regard qui ne fait que se perdre dans le paysage qui défile sous vos yeux. Tes lèvres qui se pincent. Parce que tu te sens de moins en moins à l’aise à cet instant. Et tu sens la crise de panique sur le point de s’emparer de toi. Respire Lukas, respire. « On arrive bientôt ? » Que tu demandes à ton amie, sans vraiment te rendre compte du côté un peu alarmant de ta question. Enfin si, tu finis par t’en rendre compte, mais seulement après coup. Parce qu’au final, ça ne fait que quelques minutes à peine que vous avez quitté ton appartement. « Enfin, j’veux dire tu voulais aller où ? » Question qui a bien plus de sens formulée de la sorte. Alors tu tentes de te rattraper comme tu le peux, tâchant de ne pas trop laisser paraitre la panique qui te guette.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Lun 27 Aoû - 22:42


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tu fais pas gaffe, toi qu'a mis tes peurs et appréhensions au placard. tu l'as même fermé à double tour pour ne plus avoir à y penser. et pourtant, ça r'vient toujours. par vagues. aussi violentes qu'celles qui s'écrasent sur les rochers. et pourtant, aujourd'hui, t'es montée dans ta voiture et t'as même forcé lukas à faire de même. sans pour autant d'soucier de l'inconfort qu'elle pourrait ressentir. parce qu'il a bien fallu qu'tu t'remettes en selle après l'accident. c'était ton seul ticket d'sortie. t'aurais pas supporter d'te laisser envahir par la peur panique qui t'ronge d'l'intérieur. parce que t'aurais tout d'suite été cramée. mettre les voiles, t'enfuir et t'plonger dans tes études, y avait qu'ça qui comptait et tu n'aurais pas pu t'permettre de t'laisser aller à la culpabilité lancinante. alors tu mets l'moteur en marche et tu t'engages dans la circulation. tu parles autant qu'tu peux, probablement un peu trop même. tu monopolises l'attention, comme si ça pouvait faire passer l'trajet plus vite. c'est pas bien loin pourtant, c'est idiot, vous auriez pu y aller à pieds p'tre bien. mais non, toi, t'as juste pas fait gaffe, t'as pensé qu'à ta gueule. ouaip. princesse à deux balles, amie en mousse. t'aurais dû y penser, t'souvenir, faire attention. mais non. y a que l'confort d'mademoiselle et la sécurité d'ses p'tites fesses sur l'cuir d'ton siège. t'as beau sortir un monologue d'cinq minutes, y a la réalité qui finit toujours par vous rattraper. parce qu'en un coup d’œil sur l'côté, t'as r'marqué son sursaut quand t'as mis ton clignotant. putain qu'tu peux t'montrer égoïste parfois, c'est dingue. comme quand t'as décidé d'mettre de la distance entre toi et la bande. parce qu'les études, c'est une bonne excuse mais y avait rien qui t'empêchait d'rentrer tous les weekends, comme avant. quedal à part cette putain d'boule au ventre et c'foutu nœud dans la gorge. ouais, j’comprends. non, elle n'comprend pas, elle n'comprend rien. parce que t'as beau véhiculer une idée bien précise, y a qu'toi qui peut vraiment comprendre c'que tu veux dire. parce que tu voudrais être honnête mais qu't'y arrives tout simplement pas. alors t'balances les informations qui raviront ses tympans et tu n'penses pas une seule seconde à exprimer tout c'que tu ressens vraiment au fond d'toi. oui, d'accord, la seule raison qui t'pousses à rev'nir à chaque fois, c'est eux. là-dessus, y a pas photo. parce que c'sont eux ta véritable famille, y a qu'eux qui compte. mais bordel c'que tu préférerais qu'ce soit eux qui viennent à toi et non plus toi qui rentre au bercail. et encore une pensée égoïste pour madame la comtesse. tu t'agaces intérieurement, tu t'prends la tête avec toi-même de n'pas être foutue d'jouer franc jeu pour une fois dans ta vie d'puis la dernière année écoulée. putain qu'ça craint ça. on arrive bientôt ? l'empressement d'la brune devient bien trop alarmant pour qu'tu continues à l'ignorer. hors de question d'faire un miles de plus si tu dois la sentir s'décomposer sur l'siège passager. enfin, j’veux dire tu voulais aller où ? tu t'racles la gorge et t'gares à la première place qu'tu trouves. tu coupes le contact en silence et rapidement, histoire d'dire que ça y est, l'supplice est terminé. ici, ce s'ra parfait. qu'tu balances, l'sourire radieux qui s'pointe sur ton faciès. que d'l'apparence, faux semblant outrageux. y aura qu'à marcher un peu pour l'reste, t'en penses quoi ? et clairement, tu n'lui laisses pas l'temps d'répondre que t'es déjà hors d'ton pick-up. t'en fais l'tour pour te r'trouver sur l'trottoir. t'as plus qu'à fourrer les mains dans les poches d'ton jean et en avant la musique. enfin, pas sans un dernier moment d'malaise intense par lequel tu t'sens obligée d'passer. j'suis désolée lukas ... on aurait dû marcher ... j'ai pas pensé, je ... ouais, tu. tête et épaules basses, tu t'sens bien trop honteuse pour oser la r'garder dans les yeux alors t'avances jusqu'à c'que tes pas t'mènes là où ta mère s'rait folle de rage. t'as b'soin d'gras, t'y peux rien. envie qu'tu r'pousses depuis maintenant trop longtemps, t'as b'soin d'te sustenter. on march'ra pour rentrer. j'récupérerais ma voiture plus tard. ce s'ra mieux. qu'tu balances sans crier gare. alors, qu'est-ce que tu m'conseilles d'prendre pour faire passer la mère west par tous les états possibles et imaginables ? changement d'sujet immédiat. passer du coq à l'âne pour éviter la gêne, c'bien connu. ou alors c'est du grand n'importe quoi, marque de fabrique qu'tu claques à la gueule du monde l'plus souvent possible.

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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Mer 29 Aoû - 17:22

La panique, qui te guette. Sans vraiment que tu puisses y faire quoi que ce soit. Parce que clairement, t’arrives plus à entrer dans une voiture sans penser à cette nuit. T’arrives plus à être à l’aise dans cet engin sur roues, qui ne te plonge que dans de mauvais souvenirs. Alors oui, toi, tu as l’impression de suffoquer. La fenêtre, déjà ouverte, qui te procure un peu d’air, et pourtant ce n’est pas suffisant. Non au final, tu sais bel et bien que le seul moyen qui sera efficace pour aller mieux, c’est sortir de la voiture. Et espérer que ça passe. Ta détresse, que tu cherches pourtant à dissimuler. Parce qu’il faut bien le dire, ça te tue un peu de l’avouer. Toi, qui n’aime pas dire, quand ça ne va pas bien. Toi, qui préfère te croire forte, capable de tout supporter. Et pourtant, ce n’est pas le cas. « Ici, ce s'ra parfait. » Et d’un coup, tu reviens en quelque sorte à la réalité. Ta détresse, qui a probablement un peu plus parut que ce que tu aurais voulu. Et si ce n’était pas de cette impression d’asphyxie, tu aurais probablement été un peu mal à l’aise dans cette situation. Enfin, tu le serais probablement, dès que ton cœur cessera de tambouriner contre tes tympans. Le moteur qu’elle a déjà coupé. Et il faut dire que tu ne te seras pas laissé désirer très longtemps pour sortir de la voiture. « Y aura qu'à marcher un peu pour l'reste, t'en penses quoi ? » Effectivement, ce sera probablement pour le mieux. Et pourtant, pour l’heure, tu te contentes simplement de prendre appui contre la portière. De grandes inspirations que tu prends, pour retrouver un peu de contenance. L’air qui revient, peu à peu dans tes poumons. Et la panique qui se dissipe, au fil que les secondes avancent. Si bien que tu finis par retrouver la force de te redresser de nouveau. « J'suis désolée Lukas... on aurait dû marcher... j'ai pas pensé, je... » À vrai dire, c’est plutôt toi, qui est désolée. Parce que clairement, tu te sens un peu stupide de laisser la panique te gagner à chaque fois que tu entres dans un véhicule. Tu sais parfaitement que ça n’a rien de rationnel. Oui, tu en as conscience, mais c’est quand même le cas. « On march'ra pour rentrer. J'récupérerais ma voiture plus tard. Ce s'ra mieux. » Et pour ça, tu lui en es reconnaissante. Les mots, qui ne franchissent pas la barrière de tes lippes pourtant. Peut-être bien parce que tu ne sais pas vraiment quoi dire. La honte, qui comme à te ronger maintenant. L’impression de lui montrer l’une de tes faiblesses. De lui prouver que tu n’es pas aussi forte que tu le laisses imaginer. Et oui, ça tu détestes. « Alors, qu'est-ce que tu m'conseilles d'prendre pour faire passer la mère West par tous les états possibles et imaginables ? » Et cette fois, elle te lance sur un nouveau sujet. Comme si elle avait bien remarqué ton malaise. Remarqué aussi, que tu ne trouvais pas les bons mots à lui dire, quelque chose d’intelligent à lui répondre. Et encore une fois, tu lui étais reconnaissante de ne pas s’étaler sur le sujet. Et surtout, de ne pas t’avoir demandé si tu allais bien. Parce qu’à cette question, tu n’aurais pas vraiment eu d’autres choix que d’être honnêtes. Et de lui dire clairement que non, tu n’allais pas bien. Mais que ça irait probablement mieux dans quelques minutes. Quand ton cœur se serait calmé, quand ta gorge se serait desserrée. Et tu fais mine de réfléchir à cet instant. Avant de finalement de mettre à avancer. Les pas qui s’enchainent, lentement, avant que tu n’oses finalement reprendre la parole. « J’te dirais que t’as pas mal de choix possible. » Parce que clairement, ce n’est pas un secret pour personne, la bouffe américaine est bien grasse. « J’pense que le plus efficace serait un bon cheeseburger avec frites. Avec beaucoup de mayo. Et tu finis le repas par un milkshake, vanille, fraise ou chocolat, c’est tout bon. » Clairement, qu’avec ça, elle défoncerait son régime amplement. Et ça ne te surprendrait pas vraiment que ça ferait enrager sa mère, si elle finissait par l’apprendre. Mais n’empêche que le meilleur dans tout ça, c’est qu’elle se régalerait. « Merci Cami. » Que tu finis par souffler, à mi-mot. Merci, de comprendre. Merci, de ne te regarder différemment. Parce qu’au final, ça veut dire beaucoup.


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MessageSujet: Re: — but i'm still alone in my mind (w/cami)   Jeu 30 Aoû - 19:28


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l'ironie de la situation. toi qui te sens bien trop à l'aise derrière ton volant et elle qui ne supporte pas l'oppression de l'habitacle. p'tre que tu t'sens bien justement parce que c'est toi qui conduit, toi qui est maîtresse du véhicule et non un autre. t'en veux pas à aksel, tu n'pourrais pas. ça ne t'a même jamais traversé l'esprit. vous êtes tous responsables. tous autant qu'vous êtes. certes, il conduisait mais en attendant, personne n'a pris la peine de lui signaler qu'il ne roulait pas sur la bonne voie et personne encore ne s'est manifesté pour stopper la voiture une fois le drame survenu. alors non, tu ne le tiens pas pour responsable de ce qui est arrivé. cela dit, tu ne peux pas non plus nier que tu ne montes plus dans une voiture qui n'est pas la tienne. maniaque du contrôle insoupçonnée. alors tu t'empresses de t'garer quand tu comprends qu'ça n'va pas pour elle. parce que t'as été égoïste sur le coup et tu n't'en ai même pas rendue compte. t'aurais dû faire attention à ça, amie en carton que tu es. alors une fois sorties du véhicule, et pendant qu'elle reprend son souffle, tu l'assènes de cette trombe d'excuses en papier mâché. faut qu'tu t'fasses pardonner, faut qu'tu montres que t'es désolée. enfin surtout qu'tu l'dises. pour ta conscience et puis surtout parce que tu veux qu'elle sache qu'tu pensais pas à mal, qu'tu voulais pas la mettre en mauvaise posture. et tu t'trouves ridicule d'avoir pensé qu'c'était une bonne idée, de n'pas avoir pris la peine de réfléchir plus d'cinq minutes avant d'te pointer chez elle dans ton putain d'pick-up. t'aurais dû v'nir en vélo, t'aurais eu l'air moins conne, sans doute. ou à pieds même, genre en courant. un p'tit footing, ça défoule toujours. merde. tu changes de sujet dans la foulée parce que tu n'veux pas non plus qu'elle te réponde. t'es déjà pas à l'aise, faudrait pas non plus qu'elle se sente obligée d'en rajouter une couche parce que t'aurais fait la deuxième boulette d'la journée. genre lui d'mander comment elle va. c'est une évidence qu'elle est au fond du seau, t'as clairement pas besoin d'en avoir la confirmation orale. ce s'rait stupide et superflu. un peu comme ton idée d'trajet en voiture. tu t'flagelles en silence, priant l'bon dieu pour qu'les choses s'améliorent et qu't'arrêtes d’enchaîner boulette sur boulette. tu parles du menu en perspective, toi qui suis un régime bien particulier, t'as envie d'tout envoyer valser, quitte à t'prendre un sermon d'trois jours par la suite. enfin, si jamais ça s'apprend. y a un silence qui s'installe et t'avais pas vraiment prévu ça. y a tes mains dans tes poches de jean et vos corps qui s'mettent en mouvement. voilà qu't'es plus vraiment à l'aise et qu'tu t'demandes presque c'que tu fous là. et t'espères de tout cœur qu'elle va s'mettre à parler sinon y a des chances qu'tu flanches sur l'trottoir, comme ça, sans prévenir. j’te dirais que t’as pas mal de choix possible. tu pourrais sauter d'joie tellement l'fait d'entendre sa voix t'fait du bien. t'as cru qu't'allais mourir d'la savoir réfléchir. tu t'dis qu'tu pourrais même la prendre dans tes bras tellement sa réaction était attendu. mais tu n'fais rien de tout ça, tu t'contentes simplement d'tourner la tête vers elle, prête à en savoir un peu plus. j’pense que le plus efficace serait un bon cheeseburger avec frites. avec beaucoup de mayo. et tu finis le repas par un milkshake, vanille, fraise ou chocolat, c’est tout bon. ton sourire s'agrandit et tu frappes dans tes mains avec frénésie. t'applaudis, gamine que t'es encore. han chouette, j'ai hâte d'y être. à croire qu't'as jamais connu ça d'ta vie. en fait, non, t'as jamais connu ça d'ta vie. ou alors juste une fois, p'tre deux mais pas plus. princesse élevée aux barres de céréales diététiques et aux jus d'fruits protéinés et biologiques. c'pas une vie ça, qu'on s'le dise. et pourtant, c'est tout c'que tu connais, ou presque. parce que tu t'autorises quelques écarts d'sucrerie pour n'pas avoir l'impression d'avoir complètement raté ton éducation culinaire. tu m'expliques comment j'peux encore paraître pour une fille tout droit sortie d'une caverne quand tu m'annonces ce genre de repas ? sans déconner, j'ai l'impression d'venir d'une autre planète, c'pas normal. qu'tu dis en levant les yeux au ciel. ouais, tu t'exaspères toi-même, si c'est pas un signe que tu commences à craquer, y a pas trente-six autres explications. ça t'a déjà traversé l'esprit, d'tout envoyer balader. surtout tes parents. tes études, jamais d'la vie. c'est d'ailleurs pour cette raison qu'tu t'prends si souvent la tête avec allie par rapport à c'fameux soir. bref. et là, dans un cas comme celui-ci, tu t'dis qu'il serait p'tre temps qu'tu l'fasses. ce qui signifierait être capable d'assumer qu't'es pas rien d'autre qu'une fille à papa totalement naïve et carrément dépendante d'l'admiration d'ses géniteurs. trop d'trucs à admettre. c'est bien beau d'se plaindre à demi-mots mais faudrait-il encore qu'tu sois capable d'pouvoir le dire à haute voix et d'vant les personnes concernées. et ça, c'une autre histoire. merci cami. t'hausses les épaules et chasses ses mots d'un coup d'poignet. tu n'rajoutes rien pourtant. t'as la tête d'celle qui dit qu'c'est pas utile. l'genre de nana détachée qu'tu peux être en d'pareille circonstance. parce qu'elle n'a pas à t'remercier. t'aurais juste pas dû la faire monter dans ton bolide un point c'est tout. t'penses que ce s'rait une bonne idée qu'j'lâche tout ? ouais, parce que t'as besoin d'un avis extérieur à tout ça. et lukas, elle n'est pas assez proche de toi pour t'dissuader d'faire une chose si ce n'est pas c'qui est le mieux pour toi. t'aurais pas pu d'mander à jayden parce qu'il t'entraîne. ni même à darrel parce qu'il te connait d'puis qu'tu t'trimbales en couche culotte. et encore moins à aksel parce qu'il est bien celui qu'est l'plus proche d'toi. et allie, c'est la guerre froide en c'moment alors elle ne serait pas d'une grande aide. y a qu'lukas qu'tu penses assez objective pour t'filer un coup d'main sur l'sujet. et encore, si ça s'trouve, t'as pas assez bien juger l'rapprochement qu'il y a eu entre vous deux et elle est devenu tout aussi partiale que les quatre autres. et à c'moment là, tu s'ras vraiment dans la merde avec toi et toi seule.

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